05122020

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Private equity : BPIfrance lance un fonds accessible au public

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Bercy lance un Fonds commun de placement à risques (FCPR) dénommé Bpifrance Entreprises 1. Ce fonds de capital investiment est géré par Bpifrance Investissement et est commercialisé par la société de gestion 123 IM. 

Le FCPR Bpifrance Entreprises 1 est un « fonds de fonds », à savoir un fonds qui détiendra des parts dans 145 fonds investis dans des entreprises non cotées en Bourse.

En clair, cette opération consiste à amener une épargne populaire aujourd’hui largement stérile (mais liquide) vers les entreprises en lui faisant reprendre des participations détenues pour compte propre par Bpifrance. Il s’agit donc d’une opération de refinancement de BPIfrance, et non de la création d’un « fonds d'investissement dans les PME françaises », comme l’a déclaré sur LCI début octobre 2020 Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des finances et de la relance.

Il est curieux de l’entendre dire que « c'est la première fois qu'un pays en Europe propose à ses compatriotes d'investir dans leurs PME », alors que l’investissement est indirect et qu’il existe depuis longtemps des Fonds d’investissement de proximité (FIP) et des Fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI) qui permettent au grand public de s’intéresser au private equity.

Ce portefeuille diversifié, dans plus de 1 500 entreprises, atténue le risque pour l’investisseur (mais tout autant qu’il aplatit les chances de performance). Moduler le risque de perte, c’est là son intérêt tout en permettant d'espérer mieux que l'épargne dite sans risque qui rapporte 0,5 à 1,5%. A noter que 75% des participations de BPI ont été prises sur les quatre années 2013 à 2016, dans des PME surtout françaises (voir caractéristiques plus bas et >> dici).

Notre avis : l’estimation de rentabilité présentée par la BPI, de 5 à 7%, est possible mais optimiste. On ne peut pas affirmer, comme l’a déclaré le ministre de l’Economie sur LCI, qu’au bout du compte, « on peut avoir une rentabilité plus importante que celle d'un livret A ». Avec 25% de frais (sans oublier les frais des fonds qui investissent eux-mêmes dans les entreprises), on voit qui gagne à coup sûr. Pour le particulier contraint de bloquer son argent six à sept ans, la rémunération du risque n’est pas franchement séduisante.

En outre, ce délai de six ans renouvelable une fois paraît très court au regard de l’objectif de soutien de l’économie des PME et start-up.

Par ailleurs, autant pour un actif coté, la cotation fixe clairement la règle autant pour un actif non coté tout dépend de la valorisation à l’entrée et la sortie et de la fiabilité des expertises. Aucune information claire n’est donnée sur ce point, ni sur ce qu’il advient des participations à l’échéance et aucune information détaillée n’est accessible sur le portefeuille direct et indirect de ce FCPR. Au final ce FCPR est-il vraiment ce « produit plus simple et plus attractif » que recherchent les Français selon les mots du ministre de l'Economie ?

Caractéristiques :

  • Durée du fonds : 6 ans prorogeable une fois un an, soit jusqu’au 01/10/2027 au plus tard
  • Pas de rachat de parts possible avant la fin du fonds, sauf évènements exceptionnels
  • Souscription : dès le 1er octobre à partir de 5.000 € (50 parts à 100 €), sur un compte-titres, un PEA ou sous-forme d’unités de compte dans une assurance-vie (jusqu’au 30 septembre 2021)
  • Niveau de risque : le plus élevé (7 sur une échelle de 1 à 7) comme pour un investissement en Bourse
  • Frais : le total annualisé maximum est de 3,92% dont 1,04% pour la commercialisation. Pour 1 000 € investis, le poids total de frais atteint 250,6 € selon le document officiel. Soit 25%
  • Performance : sur la base d’un scénario dit moyen de +150% et en tenant compte de l’impact des frais l’investisseur retirerait 1249,40 € pour 1000 € misé selon le document officiel. Ce qui ferait une rentabilité (TRI) de 3,23% sur 7 ans selon notre calcul. On peut espérer mieux comme on peut redouter moins bien selon l’évolution de la conjoncture
  • Exonération d’IR (mais pas de prélèvements sociaux) sur l’éventuelle plus-value.

Jean-Denis Errard