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Krach boursier : les particuliers reprennent goût aux actions

Le krach boursier dû à la crise sanitaire a provoqué un appétit soudain des Français sur les actions en Bourse, selon l’AMF. Près de 580 000 particuliers « boursicoteurs » ont acheté des actions entre fin février et début avril 2020.

(article mis à jour le 29/04/2020 après conférence de presse de l'AMF)

Effet collatéral de la crise du coronavirus et du confinement quasi-mondial qui a provoqué dès fin février 2020 un krach boursier, les investisseurs particuliers français ont massivement investi en Bourse, selon une étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF) publiée ce 27 avril 2020 et qui a analysé les mouvements sur les actions du SBF 120 entre le 24 février et le 6 avril 2020.

580 000 particuliers dont 150 000 néophytes

« Les achats d’actions françaises par des particuliers ont été multipliés par quatre au mois de mars 2020 », indique l’AMF. « En six semaines, entre le 24 février et le 3 avril, 580 000 clients particuliers ont acheté des actions du SBF120. Parmi ceux-ci, on compte plus de 150 000 clients particuliers n’ayant effectué aucune transaction en direct sur instrument financier en 2018 et 2019 ». 

Commentant ces chiffres, Robert Ophèle, le président de l'AMF, qui tenait une conférence de presse vidéo ce mercredi 29 avril, a déclaré « le confinement a sans doute favorisé ce retour de nombreux épargnants qui se sont saisis d'opportunités » en précisant qu'on « ne rentre pas sur le marché actions pour quelques jours, il faut toujours penser à la valorisation sur le long terme ». 

Ces « nouveaux » investisseurs ont un profil différent des investisseurs historiques : « Ils sont beaucoup plus jeunes que les investisseurs habituels, entre 10 et 15 ans de moins en moyenne sur l’ensemble des établissements », relève l’AMF. Par exemple, l’âge médian de ces nouveaux investisseurs passés par leur banque de réseau (112 000 particuliers en six semaines) est de 48 ans (contre 61 ans habituellement). Et l’âge médian de ceux qui ont effectué leur opération d’achat d’action via un courtier en ligne (41 000) est de 36 ans (contre 49 ans habituellement).

Logiquement, étant plus jeunes, ces nouveaux investisseurs qui ont pris goût à la Bourse en cette période de crise sanitaire mondiale ont investi de plus petits montants : 2 500 € en médiane, tandis que les investisseurs plus « aguerris » et plus âgés ont investi 5 000 €.

La « double peine » des investisseurs particuliers

Si les Français boudaient depuis des mois les investissements en Bourse, à l’exception notable de l’introduction en Bourse de la Française des jeux en novembre 2019, ce retour en grâce des actions est un phénomène plutôt étonnant. Robert Ophèle, le président de l'AMF a notamment relevé la « double peine » des investisseurs particuliers qui ont subi à la fois « une baisse de la valorisation de leur actif de près de 30% et qui ont également été privés de dividendes ou qui auront des dividendes réduits ».

On attend les résultats de la collecte en unités de compte pour savoir si le comportement des Français en matière d’investissement se traduira de la même manière en matière d'arbitrages dans leur contrat d’assurance vie. 

Carole Molé-Genlis