02062020

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Crédit immobilier : des taux à ne pas rater en décembre

Depuis septembre 2019, le taux moyen d'un crédit est inférieur à 1% sur toutes les durées y compris 25 ans, selon Capfi. A ce niveau-là, emprunter devient incontournable pour bien gérer son patrimoine. 

« En 2019, nous allons battre tous les records de production de crédit du moins pour l’immobilier ancien », a estimé Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi lors d’un point presse qui s'est tenu ce 3 décembre 2019. Sur l’année, la production mensuelle de nouveaux crédits atteint près de 20 Md€.

0,96% sur... 25 ans ! 

« Il faut dire que les taux ont atteint des seuils qu’on n’imaginait pas, poursuit-il. Depuis le mois de septembre, toutes les durées de crédit jusqu’à 25 ans sont tombées sous les 1% en moyenne ». Les taux moyens de crédit sur l'ensemble des dossiers réalisés par Cafpi au mois de novembre 2019 étaient de 0,43% sur 10 ans, de 0,64% sur 15 ans, de 0,80% sur 20 ans et même de 0,96% sur 25 ans ! Ils devraient rester à ce niveau d’ici la fin de l’année.

De même, l’année 2020 devrait bien commencer : « Sur le début 2020, je n’ai identifié aucune raison de s'inquiéter sur une remontée des taux », insiste Philippe Taboret. 

Les emprunteurs préfèrent garder leur épargne

A ce niveau-là de taux, emprunter est une excellente idée sur le plan patrimonial. Et les Français le savent bien ! Un signe ne trompe pas : la baisse du taux d’apport qui est tombé en moyenne à 16 % pour les primo ou secundo-accédants et à 8% pour les investisseurs. « Il ne faut pas se méprendre sur la baisse du taux d’apport qui ne signifie pas une baisse de la capacité d’épargne », explique Fabrice Pesin, directeur de la stratégie et de l'innovation chez Cafpi. Elle est liée en partie à la valeur des biens acquis, mais surtout, démontre-t-il, les clients qui disposent d’épargne financière préfèrent ne pas la mobiliser pour leur achat immobilier et emprunter davantage. Même les primo-accédants ! En 2018, leur apport moyen était de 37 000 € pour 41 000 € d’épargne financière non mobilisée dans le projet ; en 2019, l’apport moyen est toujours de 37 000 €, mais leur épargne non mobilisée s’élève à 47 000 €.

Autre conseil de Cafpi : à ces taux-là, il est toujours temps de faire des rachats de crédit : « Tout ce qu’on disait il y a quelques mois encore sur la renégociation de crédit - avoir au moins 50 000 € de capital restant dû et 1 point d’écart -, est en train d’être revisité ! », affirme Philippe Taboret. Désormais, même avec 30 ou 40 points de base de différence seulement, il peut être intéressant de renégocier son crédit. 

 Relation banques/courtiers : je t'aime, moi non plus

Lors de ce point presse, Philippe Taboret qui a aussi la casquette de président de l’Apic, l’association professionnelle des intermédiaires en crédit, est revenu sur le sujet des relations (tendues) entre banques et courtiers, ces derniers représentant environ 40% de la production de crédit. Selon lui, la vigilance est de mise. Certes, pour le moment, une seule banque régionale mutualiste dans le sud de la France a décidé de retirer tous ses mandats aux intermédiaires en crédit avec qui elle réalisait la moitié de sa production.  

Pourtant, certains banques réfléchiraient à baisser la commission versée aux courtiers. Actuellement, elle s’élève à 1 % sur le montant du crédit (plafonnée à 5 000 €) et est identique quelle que soit la banque, ce qui limite les conflits d’intérêt puisque le courtier ne tire acun avantage particulier à orienter le client vers une banque plutôt qu'une autre. 

Autre point de vigilance : les pouvoirs publics plancheraient actuellement sur un plus grand encadrement du crédit immobilier, peut-être en limitant les rachats de crédit par exemple. Le résultat de cette réflexion devrait être rendu public dans quelques jours, avant la mi-décembre.
Carole Molé-Genlis